je m’invente une langue...

je m'invente une langue pour parler aux oiseaux

qui n'est ni la leur ni la mienne

une langue pour dire

le futur revenu

l'avenir recommencé

 

je m'invente un cœur tout puissant

qui n'a jamais appris

ce que doit faire un cœur

alors il fait comme les oiseaux

 

il regarde

il répète

 

et il apprend des ailes

le mouvement le plus juste

pour battre correctement

 

j'invente ce que je peux

quand bien même je sais

qu'on ne pourra pas tout inventer

 

on n'inventera pas de machine à refaire le monde

ni même à remonter le temps

 

on ne pourra pas tout inventer

mais on peut déjà faire mieux avec ce qui est là

le présent

le futur

 

on peut réparer quelque chose

comme un miroir brisé

se refaire un reflet

pour nos métamorphoses

 

on peut réparer une partie des choses

porter le jour

soigner la nuit

et croire très fort au reste

 

chercher le geste le plus juste

pour ce qui vient ensuite

 

le futur a des ailes

dont il doit tout apprendre

Référence bibliographique

Andrea Thominot, « je m’invente une langue… », Depuis quand les oiseaux, Cheyne éditeur, collection Grise, 2026 pp.60-62.
© Cheyne éditeur, tous droits réservés.

Commencez ici :